1- Statut quo de la PME dans les pays Africains:

A l’heure de la mondialisation, les économies en transition et en développement, éprouvent des difficultés majeures lorsqu’elles cherchent à renforcer leurs capacités humaines et institutionnelles afin d’être en mesure d’exploiter les possibilités qui s’offrent à elles dans les domaines des échanges et de l’investissement.

Ces difficultés ont acquis un rang élevé dans la hiérarchie des priorités du programme d’action pour le développement à l’échelle mondiale et figurent en bonne place dans les déclarations finales publiées à l’issue des grandes réunions internationales qui se sont tenues ces dernières années, dont la Déclaration de Doha et le Consensus de Monterrey.

Par conséquent Les PME des pays en développement (Ex –l’Afrique) pâtissent plus encore que les autres de la piètre qualité des capacités humaines et institutionnelles mises à leur disposition et tardent à recueillir tous les bénéfices qu’elles sont en droit d’attendre de la mondialisation. Les difficultés auxquelles elles se heurtent sont notamment:

  • l’absence de dialogue entre les secteurs public et privé.
  • Des préjugés défavorables à propos du secteur privé.
  • Le manque d’informations (sur les marchés, les normes, les barrières à l’entrée et à la sortie et les obstacles interdisant l’accès aux marchés), de données statistiques pertinentes et d’institutions de soutien.
  • La prépondérance des entreprises détenues par l’État et le rôle prédominant du secteur public dans la promotion des exportations et de l’investissement.
  • Le pourcentage élevé de micro-entreprises/poids du secteur informel et la complexité des réglementations/l’absence d’incitations pour les entreprises du secteur informel à rejoindre le secteur formel.

2- Place de la recherche scientifique dans les PME Africaines: 

Malgré son milliard d’habitants, soit 15% de la population mondiale, le continent africain reste totalement marginalisé en matière d’industrie et ces dernières années les services et les produits de base ont presque à eux seuls tiré sa croissance. En fait, le taux de la valeur ajoutée manufacturière (VAM) dans le PIB africain qui était de 12,8 % en 2000 a même chuté à 10,5% en 2008.

De plus, le gros de l’appareil productif africain repose sur un petit nombre de pays, à savoir pour l’essentiel l’Egypte, la Tunisie, le Maroc, Maurice ou l’Afrique du Sud. La situation frappe d’autant plus que si depuis l’an 2000, le poids de l’Afrique dans la production manufacturière mondiale stagne à 1%, dans le même temps, la part des pays en développement asiatiques est passée, elle, de 13% à 25%, Chine en tête. Pourquoi les économies africaines n’arrivent toujours pas a franchir le pas de l’industrie productive de richesse et de l’emploi durable ? Cette partie du globe est t’elle condamnée a former des cadres, des chercheurs et des experts uniquement pour les offrir frais au reste du monde? Sinon quel rôle pourra t’elle jouer une réelle industrie scientifique basée sur la récupération de la diaspora africaine et fonder avec ces génies africains implantés en Europe, en Asie et en Amérique une économie diversifiée et prometteuse a plusieurs titres ?avant de répondre a ces questionnements, il est nécessaire d’avoir une idée précise sur les stratégies et programmes de développement africains a l’heure actuelle et pendant les années précédentes.

En janvier 2007, lors d’un sommet de l’Union africaine (UA), les chefs d’Etat ont “instamment demandé” à tous les pays de l’UA de consacrer, d’ici à 2020, au moins 1 % de leur produit intérieur brut à la recherche et au développement.

Ils se sont aussi engagés à revitaliser les universités africaines — dont un grand nombre ont périclité suite au tarissement, au cours des dernières décennies, du soutien dont elles jouissaient — et à promouvoir l’étude de la science et de la technologie chez les jeunes.

Ces décisions se basent sur le Plan d’action consolidé de l’Afrique dans le domaine de la science et de la technologie. Ce plan a été lancé en 2005 par l’UA et le secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Il a pour objet de développer un système africain de recherche et d’innovation technologiques afin de soutenir les programmes de l’UA et du NEPAD dans des domaines comme l’agriculture, l’environnement, les infrastructures, l’industrie et l’éducation. Il envisage la mise sur pied d’un secteur scientifique et technologique qui s’appuierait sur les connaissances et les idées des habitants des régions rurales (dépositaires des connaissances indigènes) comme sur celles des étudiants, des chercheurs universitaires et des représentants de l’industrie et du gouvernement.

Cependant, la plupart des pays africains n’ont toujours pas traduit leurs engagements politiques en programmes susceptibles d’impulser le développement par la science. L’Afrique subsaharienne contribue pour environ 2,3 % au produit intérieur brut au niveau mondial, mais ne dépense que 0,4 % des sommes consacrées à la recherche et au développement.

Le continent abrite 13,4 % de la population mondiale mais ne fournit que 1,1 % des chercheurs scientifiques de la planète. Il compte environ un scientifique ou un ingénieur pour 10 000 habitants, alors que les pays industrialisés en comptent de 20 à 50. Résultat : Le fossé scientifique et technologique entre l’Afrique et le reste du monde n’a fait que s’accroître au fil des ans. Selon certains économistes, ce fossé grandissant est en partie responsable du sous-développement du continent .comment faire bouger donc les investissements scientifiques et économiques pour relancer l’industrie pluridisciplinaire et multidimensionnelle dans les pays africains ?

Existe-t-il des bases scientifiques et technologiques et notamment les leaderships prêts a faire avancer la démographie fine en Afrique vers des objectifs économiques et industriels avec tout ce que possède l’Afrique comme ressources naturelles et humaines ?

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), dans des pays comme l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Zimbabwe, qui possèdent déjà une base scientifique et technologique relativement développée, il serait possible, avec un investissement supplémentaire relativement réduit, de mettre sur pied des établissements technologiques et scientifiques de haut niveau qui profiteraient à l’ensemble de la région.

A Taïwan et en Corée du Sud, les investissements dans les instituts de recherche locaux ont permis de développer les infrastructures, d’aider les entreprises locales à développer leurs propres technologies et de former un grand nombre de chercheurs expérimentés qui ont ensuite joué des rôles clés dans les activités de recherche et de développement.

Dans cette même optique, et afin d’aider les pays africains les moins industrialisés, le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU dirige actuellement un programme de promotion des technologies émergentes : technologies de l’information et des communications, biotechnologies, nanotechnologies et technologies des carburants. En 2003, dans le cadre de ce programme, l’ONU et un certain nombre de gouvernements, d’entreprises privées et d’universitaires ont recommandé l’ouverture de parcs scientifiques et technologiques.

Le Ghana et le Sénégal ont été choisis parmi un groupe initial de huit pays pour commencer à travailler sur ce projet — établir des parcs offrant aux entreprises de technologie des installations de pointe comportant des équipements de production, d’assemblage, de recherche, de développement technique ainsi que des bureaux.

Rappelons-le aussi, Le projet Objectifs du Millénaire de l’ONU recommande que la communauté internationale soutienne les domaines de recherche qui sont sous-financés en Afrique ou subventionne des équipes internationales pour conduire des recherches de pointe dans les domaines concernés.

Les bailleurs de fonds pourraient aussi soutenir les réseaux de recherche internationaux qui travaillent en étroite collaboration avec les pays en développement comme le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale. Fondé en 1972, ce groupe est renommé pour les contributions des instituts qui lui sont rattachés et qui ont mis au point de nouvelles variétés de culture pour les pays en développement, en collaboration avec des chercheurs locaux.